Maquisards Oyonnax
Le Patrimoine

La résistance et la déportation

« Le Haut-Bugey, terre de résistance »

Zone de moyenne montagne, proche de la Suisse, carrefour des communications vers l’Est et l’Italie, le Haut-Bugey occupe une position stratégique. Durant les années d’occupation (1940-1944), il devient le foyer d’une résistance active contre le régime de Vichy et l’occupant allemand.

L’occupation dans l’Ain

Après l’armistice du 22 juin 1940 voulu par le maréchal Pétain, la France plonge dans une douloureuse période d’occupation. Le département de l’Ain est traversé par la ligne de démarcation qui passe par Bellegarde-sur-Valserine. Seul le Pays de Gex se trouve alors intégré à une zone réservée et interdite géré par les autorités allemandes. Des drapeaux nazis flottent sur les mairies devenues des centres de l’administration allemande d’occupation.

Le reste du département demeure sous la gouvernance du maréchal Pétain, installé désormais à Vichy.

Mais la situation évolue. Le 11 novembre 1942, les Allemands franchissent la ligne de démarcation et déploient leurs troupes sur toute la France, sauf dans le Sud-Est réservé à leurs alliés italiens.L’Ain connaît alors une double occupation : italienne dans une zone comprise entre Belley et Nantua, et allemande sur le reste du département. En septembre 1943, les Italiens se retirent et les Allemands occupent seuls l’ensemble du territoire français.

14 décembre 1943

Nantua subit une terrible rafle menée par les autorités allemandes. 150 hommes de 18 à 40 ans sont arrêtés, dont des élèves du collège Bichat.  La plupart d’entre eux seront déportés vers le camp de concentration de Buchenwald.

La Résistance s’organise

Dès l’automne 1940, des noyaux actifs se forment, d’abord dans les zones urbaines, comme à Nantua ou Oyonnax pour ce qui concerne le Haut-Bugey. Mais ils sont bien démunis face à la force de la propagande déployée par le régime de Vichy. Néanmoins progressivement ces groupes s’élargissent grâce à la force de conviction de leurs membres et leur attachement aux valeurs républicaines. Mais déjà, la répression menée par la police française tente d’étouffer toute tentative d’opposition. À Oyonnax, le député-maire René Nicod est arrêté à l’automne 1940 dans un contexte de chasse aux communistes lancé par le régime de Vichy.

En 1942, la formation de l’Armée secrète, voulue par le général De Gaulle et mise en œuvre par le Général Delestraint, engendre l’émergence de nouvelles figures. Ainsi le docteur Émile Mercier devient responsable du secteur de Nantua. Épaulé par sa femme Paulette, pharmacienne, ils forment un couple engagé depuis l’été 1940. Actifs dans différents réseaux résistants, ils apportent également leur aide à des Juifs qui tentent de franchir la ligne de démarcation pour gagner la Suisse.

De même à Oyonnax, la famille Jeanjacquot s’investit dans l’organisation de cellules actives.

  • Camp de Cize
    Camp de Cize
  • Maquisards ravitaillement
    Maquisards ravitaillement
  • Prise d'armes de Priay
    Prise d'armes de Priay
  • Maquisards
    Maquisards

La naissance des maquis de l’Ain

350 maquisards

Estimation du nombre de maquisards dans l’Ain en septembre 1943. Ils sont principalement installés dans le Haut-Bugey et le Valromey

Avec l’instauration du Service du travail obligatoire en février 1943, un certain nombre de réfractaires tentent d’échapper à la réquisition en se réfugiant dans les montagnes du Haut-Bugey. Aidés par les responsables résistants locaux, ils installent un camp sur le Mont au-dessus de Nantua. Dans les hauteurs d’Oyonnax d’autres groupes de jeunes garçons s’établissent pour échapper au départ forcé vers l’Allemagne.

Très vite, la Résistance considère ces jeunes réfractaires comme de potentiels combattants et décide de les former. Cette mission d’organisation et de mise en œuvre est confiée à Henri Petit, désormais surnommé « Romans ». Il prend la tête de ces formations devenues à partir de l’automne 1943, les Maquis de l’Ain. Bien que volontaires, ces troupes restent encore bien fragiles et dépourvues du matériel et de l’armement nécessaires à leur efficacité.

Le défilé du 11 novembre 1943

Résolu à faire valoir la capacité de ses hommes à combattre auprès des Alliés, Romans décide d’organiser un défilé. Il a lieu à Oyonnax le 11 novembre 1943. Après un parcours dans la ville, aux côtés de ses hommes en armes, Romans dépose au pied du monument aux morts, une gerbe en forme de Croix de Lorraine accompagnée du message « Les vainqueurs de demain à ceux de 14-18 ». Cette manifestation marque un tournant et veut donner aux maquisards la légitimité de véritables soldats. La réussite et l’audace de ce défilé achèvent de convaincre les autorités anglaises de la discipline et de la volonté de combattre des maquis de l’Ain. En conséquence, elles multiplient l’envoi de matériel sous forme de parachutages afin d’équiper ces combattants bien décidés à participer à la libération de leur territoire.

  • Maquisards Oyonnax
    Maquisards Oyonnax
  • Défilé du 11 novembre Oyonnax
    Défilé du 11 novembre Oyonnax

La libération provisoire (8 juin 1944 – 10 juillet 1944)

420 containers

Volume du parachutage effectué au-dessus de la prairie d’Échallon le 1er août 1944, en plein jour, par 12 bombardiers B-17. L’apport matériel et logistique des Alliés fut crucial pour les Maquis de l’Ain.

Suite au débarquement allié en Normandie le 6 juin 1944, de nombreux plans de sabotage sont mis en œuvre pour empêcher le transport et les communications ennemies.

Le 8 juin 1944, Romans et ses hommes parviennent à prendre le contrôle d’une zone qui s’étend de Neuville-sur-Ain à Bellegarde et Hauteville. Nantua devient le chef-lieu de ce territoire libéré. Au balcon de la Sous-préfecture Romans proclame la IVème République devant une population en liesse. Il endosse alors les fonctions de Préfet et rétablit des institutions républicaines.

  • Henri_Romans_Petit
  • Parachutage prairie Echallon
    Parachutage prairie Echallon

L’été 1944 et la libération

Les renforts espérés pour maintenir cette tête de pont libérée n’arrivent pas. Le 10 juillet, les troupes allemandes reviennent en force et obligent les maquisards à se replier dans les montagnes du secteur du Crêt de Chalam. La population se retrouve face à ses bourreaux. Plusieurs arrestations, rafles ou massacres se déroulent durant cette période. A Nantua, ce sont les blessés du maquis découverts à l’hôpital qui sont exécutés. Dortan est incendiée le 21 juillet. Les combats se poursuivent en août. Les troupes alliées débarquées le 15 août en Provence progressent vers le Nord. Après un dernier affrontement sanglant à Meximieux, l’heure de la véritable libération sonne enfin pour tout le département. Mais l’Ain compte ses morts et ses disparus. Aujourd’hui encore de nombreuses traces de cette période subsistent sur le territoire du Haut-Bugey resté dans les mémoires, le cœur des Maquis de l’Ain.

Opération Scholar/Auditor

Dans la nuit du 6 au 7 juillet 1944, à Izernore, premier atterrissage en France occupée d’un avion Douglas C-47 Dakota américain. Il dépose des agents anglais et américains et redécolle le 8 juillet avec à son bord d’autres agents en partance pour l’Angleterre.

Autres dates

  • 12-13 juillet 1944 : bombardement allemand sur Oyonnax
  • 19 juillet 1944 : 120 hommes de 17 à 35 ans sont arrêtés à Oyonnax dans le cadre d’opérations allemandes de représailles. 62 seront déportés vers le camp de concentration de Neuengamme.
  • Bombardements Oyonnax
    Bombardements Oyonnax
  • Dortan après incendie
    Dortan après incendie

Témoignage

  • La IV République à Nantua

    Paulette Mercier - Femme médecin et résistante des maquis de l'Ain et du Haut-Jura
    Comment s’est passée alors l’annonce du Débarquement ? L’annonce du débarquement, il y avait des messages qui passaient. On savait que le Débarquement allait… on ne savait pas le jour...
    Voir le témoignage complet

Le défilé du 11 novembre 1943

11 novembre 1943 – quelque 200 maquisards de l’Ain ont défilé dans les rues d’Oyonnax, en pleine occupation. 70 ans plus tard, la ville d’Oyonnax et François Hollande rendent hommage à ces hommes par la reconstitution inédite du défilé.

Informations

Musée départemental de la Résistance et de la Déportation
3 Montée de l’Abbaye – 01130 NANTUA
Tél. +33 (0)4 74 75 07 50

Pour se repérer

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